La réforme du code du travail au Portugal en 2003

par
Elaine Allard


Assembleia de la République Portugaise
La réforme du code du travail fût un débat tumultueux cette année au Portugal. Grèves, débats et parties de bras de fer entre les divers acteurs ont rendus ce débat social ardu, malgré qu'il soit nécessaire. Surtout lorsque 60% des articles du nouveau Code du Travail ont été modifiés. Mais voilà, encore une fois le pays est appelé au changement. Il est dès lors normal, que lorsqu'on touche de près les normes du travail et les normes sociales on observe de vives réactions. Un des aspects qui marque le nouveau Code du Travail est un renforcement de l'application de celui-ci, par le renforcement de l'inspection générale du travail sur le plan fiscal. Puisqu'il y a de plus en plus de travailleurs à temps partiels ou à contrats. Également, un autre point positif de la réforme est la criminalisation de l'exploitation du travail infantile.

Le Nouveau Code du Travail fut finalement approuvé par la majorité à l'Assemblée de la République, le 10 avril 2003. Avec les votes " pour " du PSD et du CDS-PP et les votes " contre du PS, du PCP et du Bloc de Gauche. Près de 700 articles furent discutés et votés en commission durant presque trois mois. Notons toutefois que le débat fut enclenché en novembre 2002.

Le Président de la République, Jorge Sampaio, doute cependant de l'application de certaines normes du nouveau code du travail. En autre, celle de la limitation au droit de grève et de la possibilité de l'employeur à s'opposer à la réintégration d'un travailleur illicitement renvoyé. Pareillement, de la possibilité de l'entité patronale de pouvoir exiger des travailleurs des informations sur leur état de santé.

Il faudra attendre encore avant que le nouveau code du travail entre en vigueur, puisque la fiscalisation préventive doit être approuvée par le Tribunal Constitucional. À Noter que le Président de la République, Jorge Sampaio, a déposé ce dernier au Tribunal Constitucional le 26 mai dernier. Néanmoins, il a prévu, si le processus n'est pas ralenti, que les nouvelles normes entreront en vigueur à partir du 1er novembre 2003. Ce qui risque fort d'être retardé, puisque le 18 juin dernier, le Tribunal Constitucional a déclaré que quatre des normes du Code du Travail étaient jugées anticonstitutionnelles. Parmi ces normes, mentionnons celle qui permet aux employeurs d'avoir directement accès aux informations sur l'état de santé de leurs employés. Dossier à suivre !